Je ne suis pas fou

Projet photographique (en cours de réalisation) autour des tabous et de l’isolement liés à la maladie psychique.

Reconnus comme handicap depuis 2005, les troubles psychiques toucheraient au moins 6% de la population française, soit plus d’un million de personnes. Elles se situent au troisième rang des maladies les plus fréquentes, derrière le cancer et les maladies cardiovasculaires.

Bien que la reconnaissance de ces maladies augmente, les préjugés liés aux maladies psychiques restent tenaces et maintiennent familles et malades dans le tabou et l’isolement.

Les troubles bipolaires et la schizophrénie font partie des affectations les plus importantes.

Eric souffre de schizophrénie. Il avait 22 ans lorsqu’il a entendu une voix lui dire « écrase et ferme ta gueule ». Cette voix ne l’a pas quitté depuis. Bien que ses crises d’angoisses et ses hallucinations auditives aient été de plus en plus fréquentes, sa maladie ne l’a pas empêché de travailler plus de dix ans dans une grande entreprise française et de partir en voyage chaque année. Il a ainsi visité une grande partie de l’Europe, en voyage organisé, en ne mentionnant jamais son handicap et en s’isolant du groupe lorsque nécessaire, « le temps que la crise passe ». Le jour où il a dû en parler à sa direction, il s’est vu transférer d’agence avant de se faire rapidement mettre en invalidité. Il n’en avait jamais parlé à ses collègues, ni à ses amis, ni à certains membres de sa famille. Il vit aujourd’hui en appartement et à organisé ses journées et ses semaines sur les activités proposées par le GEM (Groupe d’Entraide Mutuelle). Tous les dimanches, pour sortir un peu de chez lui, il vient prendre un café noisette au MacDonald’s. Il aimerait reprendre une activité professionnelle.